Une ombre froide passe sur le jardin en cette matinée
je marche à pas lents dans cette herbe mouillée.
De derrière le bosquet, ou du bord de l'étang,

de partout je le vois, de partout je l'entends.
 Il me vient des paroles comme une litanie, 
des mots ... pour l'homme parti.

 

Passe une ombre froide...
Passe une ombre froide...
Passe une ombre froide...

 Une larme d'octobre s'écoule d'un pétale d'une de ces roses qui résiste encore,
 comme, c'était presque hier, 
l'image de l'homme parti, inondait mon visage ,
laissant à jamais, mon coeur impudique ouvert au désarroi.

Passe une ombre froide...
Passe une ombre froide...
Passe une ombre froide...
Passe une ombre froide...

Au délà des verts qui peignent les arbres
 j'entrevois les bras décharnés, en habits funèbres,
 laissant passer le froid;
Ils s'agitent mollement sans retenir les feuilles
, ces frivoles légères,
inconscientes de l'enfouissement qui viendra des affres du temps.

Passe une ombre froide...
Passe une ombre froide...
Passe une ombre froide...

La prairie fleurit de champignons; Ils me racontent au passage ,
comment l'homme parti, les prenait pour sujet,
pour nous servir de leçon, pour nous apprendre la vie.

 
Passe une ombre froide...
Passe une ombre froide...
Passe une ombre froide...
Passe une ombre froide...
Passe une ombre froide...


Richesse nourricière encore se prélasse, pas pressée de fermer la porte,
pour offrir au corbeau une autre fable.

Apprendre à survivre à la faim par tous les présents venus ,
Qui nourissent les hommes ou les cochons,
Garder en souvenir le nom des fruits tendus,

Voilà ce que m'a appris l'homme qui est parti.

Passe une ombre froide...
Passe une ombre froide...
Passe une ombre froide...
Passe une ombre froide...
Passe une ombre froide...
Passe une ombre froide...
Passe une ombre froide...
Passe une ombre froide...
Passe une ombre froide...

L'époque s'enflamme de rouge, d' orange, crie sa vigueur de dernière heure,
espère le sursis...
pourtant l'heure d'été s'incline et se meurt.

.

 

 

 


 


 

Passe une ombre froide...
Passe une ombre froide...
Passe une ombre froide...
Passe une ombre froide...
Passe une ombre froide...
Passe une ombre froide...
Passe une ombre froide...
Passe une ombre froide...
Passe une ombre froide...

Neuf heures ce matin, comme il était hier,
ou avant hier, ou avant d'avant la fin.

Le jardin a encore tant à offrir, à dire, a sentir...
Un peu de rose, un brin de bleu,
"les papillons vont où les vents les portent"

comme l'homme parti, sans rien dire,
 mais c'est du ciel qu'il m'écrit une lettre .

X= L'inconnu...
X= L'inconnu...
X= L'inconnu...
X= L'inconnu...
X= L'inconnu...
X= L'inconnu...

X= L'inconnu...

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