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C'était il y a longtemps, longtemps...
Je me souviens d'une petite maison aux volets verts clairs,
au milieu de nulle part.

Là, vivait une femme seule qu'on disait dure et revêche;
Pourtant, elle était du genre à rendre service aux plus démunis...
mais avec une brusquerie qui lui permettait de toujours cacher son émotion;-- pas besoin de s'attendrir, disait-elle.

Dieu sait qu'elle n'était pas riche... elle travaillait dur au milieu du linge sale des gens aisés... elle était ''blanchisseuse''.
Rien ne semblait la rebuter; plus tard elle travaillera dans la forêt...
un vrai travail d'homme, (c'était une force de la nature) et puis elle finira
sa vie de travailleuse,en gardienne d'une maison bourgeoise jusqu'à sa pauvre retraite.
Non! Jamais elle ne fut riche...mais son travail et son courage, lui ont toujours permis de vivre la tête haute, sans tendre la main, si ce n'est
pour remplir celles plus vides que la sienne.

Elle s'habillait toujours d'un de ces tabliers en cotonnade foncée à petites fleurs plus claires et quand elle cuisinait, elle ajoutait par dessus un autre tablier ''de devant''
Quand elle disait blanc, personne ne s'avisait de dire noir!!!
Une maîtresse-femme, disait-on au village, où l'on racontait comment elle avait jeté dehors, à coups de balai, son ''ivrogne de mari.''
Elle avait préféré élever ses trois garçons toute seule, plutôt qu'avec ce ''bon à rien''
Elle était fière d'en avoir fait des hommes! que chacun soit honnête et que chacun ait un métier dans les mains.

Le seul peut-être qui lui donnait quelques soucis était son dernier....
un esprit rebelle qui préférait vivre --''le nez en l'air quand ce n'était pas sous les jupons''--

D'ailleurs, c'est à 20 ans qu'il se marie et qu'il devient papa........

Et la voilà, la faiblesse dans la cuirasse de cette brave femme!
Sa filleule; l’aînée de son fils cadet.
Elle en était la marraine et avait pris son rôle, au pied de la lettre.
Pour ''la petite'', son cœur de pierre se faisait tout mou...

Ses parents, son fils et sa femme,-''pas dégourdie et toujours enceinte''- ne s'en sortaient pas . L'argent disparaissait toujours avant la fin du mois.
Et puis, sa bru, ''née chez les gens de la haute'' ne savait même pas faire cuire un œuf, quand elle les avait recueillis.
Parce que, voyez vous, le père de la demoiselle, un riche entrepreneur qui imposait sa loi, autant sur ses chantiers que sur sa pauvre femme, lui avait posé un ultimatum: soit elle quittait ce type, (son mari et père de la petite), soit, elle quittait la maison paternelle...

Alors, laissant sa pauvre mère éplorée, mais impuissante, elle décida de suivre son mari.
Le couple, avec pour tout bagage leur petite dans les bras, avait frappé à sa porte et elle avait ouvert..............
Elle n'était pas genre à laisser les gens dehors!!!


Le temps avait passé au fil des heurts, car son intransigeance de femme forte et débrouillarde collait mal avec l’insouciance futile de sa belle-fille.
Son fils prenant parti contre elle, les griefs s'accumulaient...

Aussi, ils partirent bientôt, tenter leur chance chez un employeur d'une autre région... mais pour plus de facilité, ils lui confièrent leur fille
qui avait alors deux ans...

Et c'est ainsi que la petite avait passée les premières années de son enfance, seule avec sa marraine... loin de ses parents certes, mais éduquée de belle façon.Elle lui enseignait tout ce qu'elle savait...
Elle, qui avait appris à lire toute seule, ''au cul des vaches'', en savait long sur la vie et se faisait un devoir de transmettre!

La petite fille était d'un caractère taciturne... peut-être avait-elle ressenti une sorte d'abandon? Elle pouvait s'isoler des heures dans un mutisme
qui aurait pu, aujourd'hui, porter le nom....d'autisme.
Mais il n'en était rien... non, la petite rêvait; pas besoin de dormir.
Couchée, assise ou debout... elle s'inventait des histoires!

 

 

À suivre
 

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