Depuis quelques jours, les infos et d'autres émissions
nous parlent  des EHPAD  (maisons de retraite)
et ce n'est pas pour nous encourager à y finir !!!!!!

Tous les gens qui sont concernés par des placements de leurs "vieux"
se retrouvent confrontés à la culpabilité  (enfin, peut-être pas tous....)

On est choqué d'entendre rapporter des cas de maltraitance gravissime,
mais plus sournoise est cette maltraitance silencieuse et sans traces
qui s'installe dans tous ces mouroirs....

Comme on s'habitue au nombre de tués sur la route ou dans les attentats,
on trouve "normal" que des pensionnaires qui paient plus de 2000 € par mois
soient nourris au lance-pierre et lavés une fois par semaine quand ils ont de la chance.
Normal qu'on ne leur parle que pour leur dire de se dépêcher , 
qu'ils ne sont pas les seuls que d'autres attendent, 
et qu'il ne faudrait pas qu'ils se prennent pour le centre du monde!!!!!!!
Petit à petit, on les prive de toute dignité.
Les personnels sont dépassés par le rythme de travail imposé,
et deviennent à leur insu,
des robots programmés pour la rentabilité de l'établissement.....

Voilà pourquoi, je ne veux pas me prélasser sur ma vieillesse!!!!!!! 
Mes parents, ceux de mon mari aussi,
ont eu la chance de ne pas avoir à  "déménager" ...
J'espère que je vais m'accrocher à mes murs comme un vieux cadre........!

Pour illustrer cette vieillesse silencieuse 
je réédite cet article qui vous avez bien plu.

Vivez bien même seul.
 

11 janvier 2015
Un dimanche d'hiver....

Dans la pénombre de la pièce vide, Elle attend que vienne la nuit pour allumer la lampe...

Assise dans le fauteuil de velours fané, le silence l'étreint...le froid aussi.
Elle passe en revue chaque objet qui lui parle de quelqu'un, de quelque chose, d'hier...

Elle connaît chaque meuble posé là, inerte, juste utile aux dépôts de poussière....

Les fleurs séchées, dans le pot ébréché, lui racontent l'automne, la fin de l'été....
l'heure où la maison chantait, se remplissait d'enfants, des petits et des grands !

 

Un dimanche d'hiver....

C'est un dimanche comme un autre, un dimanche d'hiver à la campagne...

Elle pourrait faire une tarte aux pommes ou aux pruneaux, cuire une soupe au potiron...
un rôti de cochon, mettre du vin dans la carafe, sortir le pain du torchon....

Elle pourrait mettre des draps dans les lits …elle pourrait.... oui, elle pourrait ...!
Mais non, voyons, tu divagues...se dit-elle à voix haute...Personne ne viendra plus, ce soir ...!

Un dimanche d'hiver....

Au dessus de la table, couverte d’une nappe blanche, brodée de fils de soie,
Elle se laisse emporter par les vapeurs de thé vert et de menthe poivrée, sorties de la théière.

Son regard s'interroge sur les remous qui s'affolent autour de la petite cuillère....
A quoi bon tourner un sucre imaginaire dans le fond de la tasse brûlante ?

Puis elle lape doucement, par petites gorgées , sans pouvoir retenir le goût ou le plaisir,
du liquide qui lui brûle les lèvres, comme le mot de trop !

Un dimanche d'hiver....

Elle voudrait crier qu'elle existe encore...., être audible par les bien entendants.....
mais autour d'elle, le monde est devenu sourd... sourd et aveugle .... sans attentions!

Alors elle range le livre qu'elle ne lira pas... elle caresse le chat....se couvre les épaules .... 

La nuit est venue ... Elle allume la lampe........et elle ferme les yeux.
 

Un dimanche d'hiver....
 
 
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